L’île Kodiak.L’île Kodiak, au sud d’Anchorage, est la plus grande île d’Alaska (6000 km2), paysages montagneux, aux vallées profondes sculptés par les glaciers. Torrents tumultueux et ramifiés, se jettent dans des lacs aux reflets de ciel. Une végétation éparse et rase, se prosterne au sol ; la toundra. Les arbrisseaux nains, comme le bouleau et la fougère s’élèvent sur un tapis moelleux et humide de mousses, lichens, myrtilles, parsemé de portions de sol nu. Les sommets culminent en moyenne à neuf cent mètres (900 M), avec le Pic Koniak qui atteint mille trois cent soixante trois mètres (1363 M).
Kodiak fait parti d’un archipel, composé de trois principales îles (Kodiak, Afognak, et Shuyak) et de nombreuses petites îles, qui
abritent prés de trois milles ours bruns. Isolés d’autres populations, lors de la dernière période glaciaire (il y a environ 12000 ans), l’ours s’est développé en une sous espèce unique du grizzli, Ursus Arcto Middendorfi plus communément nommé ours Kodiak.
Le nom de Kodiak a une consonance de mystère, de grandeur et de puissance, sans doute lié à l’existence du mythique ours. Ils sont considérés à Kodiak, et dans le monde entier, comme le symbole de l’Alaska.
Le caractère géologique de l’île de Kodiak ne favorise pas la préservation et la mise en évidence des fossiles. Ce qui ne permet pas la datation précise de la présence de l’ours sur l’île. Les premières pièces paléontologiques concernant les ours de l’archipel furent trouvées sur les sites archéologiques Alutiiq. Cette population est arrivée sur l’île, il y a 7500 à 8000 ans. En raison du rapport spirituel entre l’ours et l’Alutiiq, des cranes d’ours ont été trouvé sur les principaux sites archéologiques de Kodiak datant de 2500 ans. Le mythe principal tourne autour de la similitude entre les ours et les humains, donnant la capacité à l’ours de se transformer en homme et vice versa.
Les Alutiiq chassaient l’ours, et en utilisaient les moindres ressources, la viande pour la nourriture, la fourrure pour l’habillement et la literie, les intestins pour des parkas imperméables, les os long pour outils, et les dents pour l’ornement. Puisque c’était le seul grand mammifère de terre de l’archipel, il était un énorme moyen de subsistance des Alutiiq. L’ours était chassé par un groupe de chasseurs armés d’arc et de flèches. Pour se défendre contre ses attaques, les Alutiiq utilisaient une lance.
Les ours sont une importante ressource pour l’industrie touristique. Guides de chasse ou naturaliste, photographes animaliers et autres entreprises profitent de l’intérêt porter à cet animal. L’ours n’a pas vraiment bonne presse auprès des autochtones. Il est considéré comme un concurrent des pêcheurs, chasseurs de cerf et autres exploitants désirant étendre leurs exploitations, comme une menace pour la sûreté humaine. La population stable et croissante de l’ours, peut être en danger. L’ours cherchera à s’éloigner des zones fréquentées par l’humain, réduisant ainsi leurs territoires et ressources alimentaires.
L’exploration.
Kodiak fait parti d’un archipel, composé de trois principales îles (Kodiak, Afognak, et Shuyak) et de nombreuses petites îles, qui
abritent prés de trois milles ours bruns. Isolés d’autres populations, lors de la dernière période glaciaire (il y a environ 12000 ans), l’ours s’est développé en une sous espèce unique du grizzli, Ursus Arcto Middendorfi plus communément nommé ours Kodiak. Le nom de Kodiak a une consonance de mystère, de grandeur et de puissance, sans doute lié à l’existence du mythique ours. Ils sont considérés à Kodiak, et dans le monde entier, comme le symbole de l’Alaska.
Le caractère géologique de l’île de Kodiak ne favorise pas la préservation et la mise en évidence des fossiles. Ce qui ne permet pas la datation précise de la présence de l’ours sur l’île. Les premières pièces paléontologiques concernant les ours de l’archipel furent trouvées sur les sites archéologiques Alutiiq. Cette population est arrivée sur l’île, il y a 7500 à 8000 ans. En raison du rapport spirituel entre l’ours et l’Alutiiq, des cranes d’ours ont été trouvé sur les principaux sites archéologiques de Kodiak datant de 2500 ans. Le mythe principal tourne autour de la similitude entre les ours et les humains, donnant la capacité à l’ours de se transformer en homme et vice versa.
Les Alutiiq chassaient l’ours, et en utilisaient les moindres ressources, la viande pour la nourriture, la fourrure pour l’habillement et la literie, les intestins pour des parkas imperméables, les os long pour outils, et les dents pour l’ornement. Puisque c’était le seul grand mammifère de terre de l’archipel, il était un énorme moyen de subsistance des Alutiiq. L’ours était chassé par un groupe de chasseurs armés d’arc et de flèches. Pour se défendre contre ses attaques, les Alutiiq utilisaient une lance.
Les ours sont une importante ressource pour l’industrie touristique. Guides de chasse ou naturaliste, photographes animaliers et autres entreprises profitent de l’intérêt porter à cet animal. L’ours n’a pas vraiment bonne presse auprès des autochtones. Il est considéré comme un concurrent des pêcheurs, chasseurs de cerf et autres exploitants désirant étendre leurs exploitations, comme une menace pour la sûreté humaine. La population stable et croissante de l’ours, peut être en danger. L’ours cherchera à s’éloigner des zones fréquentées par l’humain, réduisant ainsi leurs territoires et ressources alimentaires.L’exploration.
C’est avec une certaine angoisse que je me prépare à ce voyage, dépose au sud du lac Frazer pour atteindre à pieds la Baie d’Olga en suivant la rivière Dog Salmon Creek. Vous imaginez, une
expédition en autonomie sur le territoire d’un des plus grands prédateurs du monde ; je suis partagé entre l’excitation et l’inquiétude de nos rencontres et découvertes.
Le groupe est constitué de sept personnes, trekkers, naturalistes, photographes, amoureux de voyage et de grands espaces. Equipés du matériel d’expédition essentiel à l’orientation, au confort et à la sécurité, cartes, boussole, GPS, téléphone satellite, matériel de bivouac, et de vivres suffisants.
A notre arrivé sur le lac Frazer, un groupe de pêcheurs est là, déposé le matin pour la journée, armé de 357 magnum et de fusil de gros calibre, très surpris de nous voir sans armes ; Notre seule défense quelques aérosols aux poivres « bombes à ours ».
Au premier pas sur la plage de galets, nous sommes assaillis par un nuage de mouches tourbillonnant, s’infiltrant partout. C’est pour le moins inattendu, le temps est au beau fixe, ce qui a sans doute provoqué une éclosion massive. Difficile de parler, même de respirer, sans avaler quelques petites mouches. Pris au piège dans nos oreilles elles se débattent bourdonnant sans trouver la sortie, une véritable plaie. Les pêcheurs avertis portent des moustiquaires couvrant leurs têtes jusqu’aux épaules.
En fin de journée, avant leur départ nous négocions l’achat de cet accessoire qui semble indispensable, tant l’assaut de ces insectes est à rendre fou.
Le lac Frazer s’étire le long d’une vallée aux monts couverts d’une végétation d’un vert sur le déclin. Nous sommes en début d’automne, et devant nous s’étale un petit coteau couvert d’épilobes rouges en fin de floraison. Nous dégageons une surface suffisante, prés d’un petit cours d’eau et d’un bosquet, pour monter notre bivouac.
Installé au beau milieu des ours, nous délimitons notre campement par une alarme, fil nylon tendu sur des capteurs de frottement déclenchant un bip à la moindre action, et suspendons notre réserve de nourriture aux arbres, à l’écart des tentes.
La première nuit je m’endormis avec une petite appréhension, nous avions vu, peu de temps après notre arrivé, un ours solitaire parcourir le secteur. Comment allaient-ils réagir à notre présence ?
L’alarme retentie dans mon sommeil. En un éclair, je m’assoie ; Après une seconde d’hésitation, j’actionne la glissière de la tente, il fait jour, le temps est clair et là, à la limite du camp, à moins de cinq mètres de la première tente, deux ours jouent et s’éloignent tranquillement en voyant nos têtes apparaîtrent des dômes rouges. Ouf ! Nous ne les intéressons pas.
expédition en autonomie sur le territoire d’un des plus grands prédateurs du monde ; je suis partagé entre l’excitation et l’inquiétude de nos rencontres et découvertes.Le groupe est constitué de sept personnes, trekkers, naturalistes, photographes, amoureux de voyage et de grands espaces. Equipés du matériel d’expédition essentiel à l’orientation, au confort et à la sécurité, cartes, boussole, GPS, téléphone satellite, matériel de bivouac, et de vivres suffisants.
A notre arrivé sur le lac Frazer, un groupe de pêcheurs est là, déposé le matin pour la journée, armé de 357 magnum et de fusil de gros calibre, très surpris de nous voir sans armes ; Notre seule défense quelques aérosols aux poivres « bombes à ours ».
Au premier pas sur la plage de galets, nous sommes assaillis par un nuage de mouches tourbillonnant, s’infiltrant partout. C’est pour le moins inattendu, le temps est au beau fixe, ce qui a sans doute provoqué une éclosion massive. Difficile de parler, même de respirer, sans avaler quelques petites mouches. Pris au piège dans nos oreilles elles se débattent bourdonnant sans trouver la sortie, une véritable plaie. Les pêcheurs avertis portent des moustiquaires couvrant leurs têtes jusqu’aux épaules.
En fin de journée, avant leur départ nous négocions l’achat de cet accessoire qui semble indispensable, tant l’assaut de ces insectes est à rendre fou.
Le lac Frazer s’étire le long d’une vallée aux monts couverts d’une végétation d’un vert sur le déclin. Nous sommes en début d’automne, et devant nous s’étale un petit coteau couvert d’épilobes rouges en fin de floraison. Nous dégageons une surface suffisante, prés d’un petit cours d’eau et d’un bosquet, pour monter notre bivouac.Installé au beau milieu des ours, nous délimitons notre campement par une alarme, fil nylon tendu sur des capteurs de frottement déclenchant un bip à la moindre action, et suspendons notre réserve de nourriture aux arbres, à l’écart des tentes.
La première nuit je m’endormis avec une petite appréhension, nous avions vu, peu de temps après notre arrivé, un ours solitaire parcourir le secteur. Comment allaient-ils réagir à notre présence ?
L’alarme retentie dans mon sommeil. En un éclair, je m’assoie ; Après une seconde d’hésitation, j’actionne la glissière de la tente, il fait jour, le temps est clair et là, à la limite du camp, à moins de cinq mètres de la première tente, deux ours jouent et s’éloignent tranquillement en voyant nos têtes apparaîtrent des dômes rouges. Ouf ! Nous ne les intéressons pas.
Le long de la rivière Dog Salmon Creek nous les retrouvons. L’un d’eux déclenches une joute, simulacre de combat, ces jeux nécessaires à leurs développements, les préparent aux rencontres futures pas toujours pacifiques avec leurs congénères. La gueule grande ouverte, nous laissant juger de la taille des crocs, les affrontements se succèdent.Ils se dirigent maintenant dans notre direction, l’un d’eux à un air plutôt agressif, la tête baissé, la gueule entre ouverte, les oreilles rabattues, ils s’approchent, sans doute un peu agacer par notre présence. Nous décidons de nous écarter.
Pose déjeuner, saucisson, biscottes et barres de céréales, prés d’une chute d’eau, Laurent armé de sa canne à pêche tente d’améliorer l’ordinaire du soir, constitué de plats lyophilisés.
Ce fut une pêche miraculeuse, à chaque lancé une truite est prise, et ceci, dix fois consécutive.
Soudain j’aperçois un énorme mâle, juste derrière lui, sur un rocher en plein milieu du torrent, à moins de dix mètres, arrivé dont on ne sait ou. Il est au plus gros de sa forme, dans un mois il entrera en hibernation. Penché sur l’eau, il laisse penser qu’il est prêt à bondir. Il scrute le courant, de toute évidence, il connaît parfaitement le lieu, pour y avoir pêché.
Fin septembre, les remontées de saumons deviennent rares, il ne voit rien. C’est avec des gestes à l’économie qu’il s’en retourne nonchalamment sur la berge, s’assoie, les pattes postérieures tendues, son ventre rond posé sur ses cuisses, il se gratte la plante des pieds de ses griffes, non rétractables de dix centimètres. Il renifle l’air, comme s’il hochait la tête, se lève, se dirige de nouveau sur le bord du torrent, il donne toujours cette impression de ne savoir où il va, s’arrête, regarde autour de lui, et commence à déguster un saumon gisant au bord de l’eau, son fumé irrésistible ne pouvait lui échapper.
Lors de nos déplacements, nous observons de nombreuses traces, empreintes de pattes, déjections indiquant leurs goûts pour les baies, traces d’urine sinusoïdale (pas d’arrêt pipi) et autres restes de repas, essentiellement du saumon ; tout est absorbé, seul les viscères et la tête reste.Sur la plage du lac Fraser, la tête d’un ourson est déposé, décapitée nette, aucune trace du corps. C’est la confirmation du cannibalisme chez l’ours. Habituellement, les grizzlis emmènent leurs proies à l’écart, les dissimulant dans un fourré, et reste à proximité, prés à défendre ses victuailles. Plus de 25% des oursons, meurent durant leurs trois premières années. Les auteurs sont plus particulièrement des mâles adultes. C’est la principale cause de mortalité chez les jeunes. Elle est constatée également chez les adolescents.
Nous suivons trois ours sub-adultes en quêtes de nourriture. Chacun se déplace suivant son rythme et restent à vue les uns des autres. Alors, que les deux premiers cheminent, tranquillement, le dernier entre dans l’eau et immergé jusqu’aux épaules, tente de trouver la dépouille d’un saumon par tâtonnement de ses pattes. Le voilà qui progresse en regardant sous l’eau, épargnant ses oreilles de l’immersion. Il prend son élan, et plonge. Il disparaît sous l’eau, et réapparaît quelques mètres plus loin suite à une apnée d’une dizaine de seconde. Il répète ces plongées plusieurs fois
jusqu’à ressortir un saumon en gueule. Il secoue sa tête de gauche à droite dans un tourbillon d’éclaboussure, supprimant ainsi l’excédant d’eau dans sa fourrure. A petit pas il se dirige et monte sur la berge afin de déguster sa trouvaille gorgée d’œufs, le saumon en cours de décomposition dégage une odeur nauséabonde, qui ne semble pas affecter son appétit.Il est quatorze heures, les trois ours rassasiés se regroupent et s’installent pour une sieste bien méritée.
Après trois jours d’exploration à proximité du lac Frazer, nous préparons notre descente vers la baie d’Olga. Nous emportons six jours de vivre, nos sacs prêts un poids approximatif de vingt cinq kilos, nous voilà partis. Parcourant la toundra, traversant de petits massifs forestiers aux ramures entre lacets formant des barrières, qu’il nous faut contourner ou franchir en nous contorsionnant, voir à quatre pattes, tant la végétation est dense. La progression n’est pas des plus aisée, nos pieds s’enfoncent parfois dans un sol spongieux et humide jusqu’aux genoux. Le terrain ne permettant pas une marche rythmée, chaque pas est réfléchi, nous empruntons le plus possible les coulées tracées par les ours, qui facilite notre marche. L’herbe couchée sur une largeur d’un mètre, les branchages dégagés, c’est un vrai plaisir. Deux jours ont été nécessaires pour atteindre l’océan, seulement à dix kilomètres à vol d’oiseaux.

Nous avons parcouru les landes de Kodiak durant dix jours. Nous avons rencontré, cerf à queue noire, renard, hermine, castor, aigle à tête blanche et bien sûr l’ours que nous avons pu observer fréquemment. Nous avons eu le bonheur de croiser des jeunes, sûrement dans leurs premières années sans protection maternelle, très craintifs et vifs, des groupes de deux à trois ours sub-adultes en quête de nourriture et déjà beaucoup plus confiant, de bons gros mâles complètement indifférents à notre présence. Aucune agressivité de leur part n’a été constatée, ni même de comportement instable provocant l’inquiétude, se laissant approcher sans crainte, pour la joie de nos yeux émerveillés.
Dans la mesure, où nous présentons un comportement respectueux, notre présence est très bien tolérée par l’ours Kodiak. La générosité du site lui apporte espace et nourriture. Le climat océanique auquel est soumis l’île, la protége des rudesses excessives de l’hiver de ces latitudes, permettant à notre ours de profiter un maximum de temps pour se nourrir. Certains mâles n’hibernent pas, et peuvent engraisser, encore et encore, jusqu’à la tonne. Ainsi rassasié, il est complètement fortuit, de dépenser de l’énergie à chasser ces quelques curieux armés d’engins bien bizarres.
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